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Médiation numérique, conseil, formation

Le numérique ne simplifie rien.
Il complique tout.

Et c’est là que ça devient intéressant

Icône drone

Clémence et Romain en ont marre des GAFAM

29 Mar 2026

Quelle société voulons-nous…
quand tout reste connecté, tout le temps ?

On parle de réguler des plateformes,
mais c’est le monde derrière qui s’organise.

Le drone observe

Vignette de la situation

Clémence a quarante-et-un ans.
Elle est enseignante.

Romain a quarante-deux ans.
Il est chef de projet IT et maîtrise bien l’informatique.

Ils ont deux fils de douze et seize ans.

Clémence est très critique vis-à-vis des écrans.
Romain un peu moins. Il joue parfois à des jeux vidéo rétro avec ses enfants.

Leurs deux fils ont chacun un smartphone.
Ils scrollent, jouent en ligne et passent beaucoup de temps connectés.

Clémence et Romain commencent à saturer des plateformes.

Pourtant, tout va bien par ailleurs.

Les enfants vont bien à l’école.
Ils ont des amis, des activités et une vie familiale stable.

Mais une question revient régulièrement à la maison :
que faire face à ces grandes plateformes devenues omniprésentes ?

Les recommandations (tâche prescrite)

 

🧠 Repères (enfant)

📱Enfants et écrans (0–11 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Les règles ne disent pas toutes la même chose
  • Elles viennent de différents domaines (santé, éducation, droit)
  • Elles ne parlent pas des mêmes situations

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Il n’y a pas une seule règle pour tous
  • Les chiffres (1h, 2h…) ne suffisent pas
  • Le contexte est très important

👶 0 – 3 ans

  • Éviter les écrans
  • Priorité : parler, jouer, bouger

🧒 3 – 6 ans

  • Limiter le temps (environ 1h max)
  • Regarder avec un adulte
  • Pas d’écran avant de dormir

👦 6 – 9 ans

  • Le temps ne suffit plus
  • Penser au sommeil, sport, école
  • Mettre des règles claires

🧑 9 – 11 ans

  • Entrée dans Internet
  • Accompagner l’enfant
  • Parler des usages

⚠️ Important

  • Les enfants ont des droits en ligne
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Moins d’écran quand ils sont petits
  • Plus d’accompagnement en grandissant
  • Toujours garder l’équilibre (sommeil, jeu, relations)

🧠 Repères (adolescent)

📱 Adolescents et écrans (12–17 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Pas de règle simple comme “2h max”
  • Les écrans font partie de la vie sociale
  • Chaque adolescent est différent

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Le temps d’écran ne suffit pas
  • Tout dépend du contexte
  • Les écrans peuvent être utiles ou poser problème

🧑 12 – 14 ans

  • Les usages augmentent rapidement
  • Les règles doivent être claires et discutées
  • Parler des réseaux sociaux et des données personnelles
  • Faire attention au sommeil et à l’école

🧑‍🦱 14 – 17 ans

  • Plus d’autonomie dans les usages
  • Un usage intensif n’est pas toujours un problème
  • Attention si le jeune s’isole
  • Attention si le sommeil est perturbé
  • Attention si l’école devient difficile

🧠 Santé mentale

  • Les écrans ne sont pas la seule cause des difficultés
  • Ils peuvent aggraver un mal-être déjà présent

🌐 Internet et données

  • Les plateformes cherchent à capter l’attention
  • Les données personnelles sont utilisées
  • Les adolescents ont des droits en ligne

⚠️ Important

  • Les parents ne sont pas les seuls responsables
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Pas de règle unique pour tous
  • Observer les effets sur la vie quotidienne
  • Privilégier l’équilibre : sommeil, relations, école, activités

Dans le débat public, l’idée s’est largement diffusée qu’un bon parent devrait « résister aux écrans ».

Limiter les usages, filtrer les contenus, refuser certaines plateformes : ces gestes sont souvent présentés comme les signes d’une parentalité responsable.

Mais les recherches invitent à nuancer cette opposition entre parents résistants et parents permissifs.

Les pratiques parentales ne se résument pas à accepter ou refuser les écrans. Elles combinent généralement plusieurs formes de médiation : poser des règles, discuter des usages, partager certaines activités numériques avec les enfants.

Ces différentes stratégies n’ont pas les mêmes effets.
Les règles peuvent limiter le temps d’usage, tandis que la discussion et les usages partagés contribuent davantage à développer les compétences et l’esprit critique des enfants.

La situation réelle

La fatigue de Clémence et Romain ne vient pas seulement du temps passé devant les écrans.

Elle vient aussi du sentiment que les plateformes sont devenues incontournables.

Les conversations entre adolescents passent par les messageries.
Les jeux se jouent en ligne.
Les vidéos circulent sur quelques applications dominantes.

Dans ce contexte, il devient difficile de simplement « refuser » ces environnements sans risquer d’exclure les enfants d’une partie de leurs sociabilités.

Les parents peuvent limiter certaines pratiques, poser des règles ou retarder l’arrivée d’un smartphone.
Mais ils se heurtent rapidement à un écosystème numérique conçu pour capter l’attention et encourager la fréquentation régulière.

Ce que révèle l’écart entre prescrit et réel

La situation de Clémence et Romain met en évidence un décalage fréquent dans les discussions sur les écrans.

Les débats publics se concentrent souvent sur les comportements individuels :
les parents devraient limiter, contrôler ou résister.

Mais cette lecture passe à côté d’un élément central.

Les usages numériques des adolescents ne relèvent pas seulement de l’attention ou du temps passé.
Ils s’inscrivent dans des formes d’hyperconnexion : des liens sociaux continus, réactivés en permanence par les messageries, les jeux en ligne ou les plateformes.

Dans ce contexte, les plateformes ne créent pas ces liens.
Elles les exploitent et les monétisent.

Les formats courts, les recommandations et le défilement continu ne font pas qu’attirer l’attention :
ils maintiennent ces connexions actives, disponibles à tout moment.

Autrement dit, les parents n’agissent pas dans un espace neutre.

La question que se posent Clémence et Romain — comment résister aux plateformes — ne concerne donc pas seulement les règles familiales.

Elle renvoie à une difficulté plus profonde :
comment accompagner des adolescents dans des environnements qui ne captent pas seulement leur attention…
mais s’appuient sur leurs relations pour rester présents en permanence.

Parent observant un enfant jouer à un jeu vidéo devant un écran avec un panneau indiquant “résister” ou “jouer”, illustration du dilemme face aux écrans

Pour aller plus loin

L’idée qu’un « bon parent » doit résister aux écrans est devenue une norme sociale.
Mais les recherches montrent que les familles composent avec les écrans de manières très différentes, selon leurs ressources, leurs contraintes et leurs valeurs.

👉 Lire aussi : Un bon parent doit-il résister aux écrans ?

Illustration d’un robot spatial avec le message “erreur 404 pédagogie introuvable” et référence à une mission éducative VBe404

Erreur 404 : réponse introuvable

Au fin fond de l’Univers connecté,
à des années et des années-lumière des recommandations,

veille celui que les familles intersidérales appellent
quand elles ne parviennent plus à résoudre leurs problèmes,
quand il ne reste plus aucun espoir :

Le Capitaine VBe404 !

Exemples d'ateliers et d'interventions

Guide de survie aux plateformes

(atelier tout public)

Les plateformes semblent parfois incontournables :
messageries, réseaux sociaux, outils scolaires, vidéos.

Dans cet atelier, les participants commencent par cartographier leurs usages pour distinguer ce qui est choisi de ce qui est subi.
Puis ils démontent collectivement une application du quotidien : modèle économique, collecte de données, architecture et design.

L’analyse se transforme ensuite en fanzine critique : un guide de survie pour décider comment utiliser une plateforme… ou comment s’en passer.

Petite et grande histoire du numérique

(atelier tout public ou professionnel)

Les débats sur les plateformes donnent parfois l’impression que tout est nouveau.

À partir d’une frise mêlant grande histoire du numérique (ARPANET, Web, smartphones…) et petites histoires personnelles (premier ordinateur, premier forum, premières sociabilités en ligne), les participants reconstruisent le fil de leurs pratiques.

L’atelier montre que les usages numériques ne naissent jamais dans le vide :
ils s’inscrivent dans des cultures, des infrastructures et des époques qui façonnent notre rapport aux technologies.