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Médiation numérique, conseil, formation

Le numérique ne simplifie rien.
Il complique tout.

Et c’est là que ça devient intéressant

Icône drone

Leila cherche un moyen d’éloigner son fils de son iPhone

19 Mar 2026

Ce n’est pas le téléphone qui pose question.
C’est ce qu’il révèle des attentes, des peurs…
et des négociations invisibles entre parents et adolescents.

Le drone observe

Vignette de la situation

Leila a quarante-cinq ans.
Elle est mère de trois enfants de huit, treize et quinze ans.

Ses deux fils ont chacun un iPhone.
Elle n’était pas vraiment d’accord au départ.

Pour leur père, la règle était simple :
le smartphone en échange de bons résultats scolaires et d’un comportement exemplaire.

Mais une fois les téléphones achetés, c’est Leila qui se retrouve à gérer les usages au quotidien.

L’aîné est en sport-études.
Il se voit déjà footballeur professionnel.

Leila imagine plutôt un avenir plus stable, peut-être professeur d’EPS : un compromis entre la passion et la sécurité.

La conseillère d’orientation, elle, estime que ses résultats scolaires sont insuffisants.

Leila observe son fils et se dit :
« C’est un bon garçon. Il est juste influençable. »

Elle cherche un moyen de l’éloigner de son iPhone.

Les recommandations (tâche prescrite) 

 

🧠 Repères (enfant)

📱Enfants et écrans (0–11 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Les règles ne disent pas toutes la même chose
  • Elles viennent de différents domaines (santé, éducation, droit)
  • Elles ne parlent pas des mêmes situations

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Il n’y a pas une seule règle pour tous
  • Les chiffres (1h, 2h…) ne suffisent pas
  • Le contexte est très important

👶 0 – 3 ans

  • Éviter les écrans
  • Priorité : parler, jouer, bouger

🧒 3 – 6 ans

  • Limiter le temps (environ 1h max)
  • Regarder avec un adulte
  • Pas d’écran avant de dormir

👦 6 – 9 ans

  • Le temps ne suffit plus
  • Penser au sommeil, sport, école
  • Mettre des règles claires

🧑 9 – 11 ans

  • Entrée dans Internet
  • Accompagner l’enfant
  • Parler des usages

⚠️ Important

  • Les enfants ont des droits en ligne
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Moins d’écran quand ils sont petits
  • Plus d’accompagnement en grandissant
  • Toujours garder l’équilibre (sommeil, jeu, relations)

🧠 Repères (adolescent)

📱 Adolescents et écrans (12–17 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Pas de règle simple comme “2h max”
  • Les écrans font partie de la vie sociale
  • Chaque adolescent est différent

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Le temps d’écran ne suffit pas
  • Tout dépend du contexte
  • Les écrans peuvent être utiles ou poser problème

🧑 12 – 14 ans

  • Les usages augmentent rapidement
  • Les règles doivent être claires et discutées
  • Parler des réseaux sociaux et des données personnelles
  • Faire attention au sommeil et à l’école

🧑‍🦱 14 – 17 ans

  • Plus d’autonomie dans les usages
  • Un usage intensif n’est pas toujours un problème
  • Attention si le jeune s’isole
  • Attention si le sommeil est perturbé
  • Attention si l’école devient difficile

🧠 Santé mentale

  • Les écrans ne sont pas la seule cause des difficultés
  • Ils peuvent aggraver un mal-être déjà présent

🌐 Internet et données

  • Les plateformes cherchent à capter l’attention
  • Les données personnelles sont utilisées
  • Les adolescents ont des droits en ligne

⚠️ Important

  • Les parents ne sont pas les seuls responsables
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Pas de règle unique pour tous
  • Observer les effets sur la vie quotidienne
  • Privilégier l’équilibre : sommeil, relations, école, activités

À l’adolescence, la question du temps d’écran devient centrale dans les discussions familiales.

Les chiffres circulent beaucoup : trois heures, quatre heures, parfois davantage. Mais ces durées additionnent en réalité des usages très différents : messageries, vidéos, jeux, musique, devoirs, navigation entre plusieurs applications.

Le temps d’écran fonctionne alors comme un indicateur simple, facile à mesurer et à commenter. Pourtant, il décrit mal la manière dont ces usages s’insèrent dans la journée.

Les recommandations insistent donc de plus en plus sur plusieurs repères : le sommeil, la scolarité, les relations sociales et l’équilibre global de la journée.

Dans ce cadre, la tentation de supprimer l’accès au smartphone apparaît souvent comme une solution rapide lorsque les résultats scolaires ou l’attention semblent se dégrader.

La situation réelle

Pour Leila, la difficulté ne concerne pas seulement le temps passé sur le téléphone.

Elle se demande surtout si le smartphone influence les ambitions et les décisions de son fils.

Les réseaux sociaux, les vidéos et les contenus sportifs exposent les adolescents à des modèles de réussite très visibles : influenceurs, sportifs professionnels, célébrités du web.

Ces figures donnent parfois l’impression que certaines trajectoires sont plus accessibles qu’elles ne le sont réellement.

Mais les usages numériques des adolescents ne se réduisent pas à une influence directe ou à une manipulation extérieure. Ils s’inscrivent aussi dans des dynamiques sociales ordinaires : conversations avec les amis, circulation de modèles culturels, discussions autour des passions communes.

Autrement dit, le smartphone n’est pas seulement un objet qui capte l’attention.
Il est aussi un espace où circulent les imaginaires et les aspirations.

Ce que révèle l’écart entre prescrit et réel

La question que se pose Leila — comment éloigner son fils de son téléphone — suppose que le problème principal soit l’objet lui-même.

Or les recherches montrent que les usages intensifs des réseaux sociaux ne correspondent pas nécessairement à une addiction au sens clinique. L’intensité d’usage peut relever d’habitudes sociales, de normes de groupe ou simplement de la place prise par les environnements numériques dans la vie relationnelle des adolescents.

Le smartphone agit souvent davantage comme un amplificateur de dynamiques déjà présentes : passions sportives, discussions entre pairs, exploration de possibles professionnels.

Éloigner un adolescent de son téléphone ne suffira donc pas forcément à modifier ses aspirations ou ses préoccupations.

La question devient alors moins :
« Comment lui enlever son smartphone ? »

Et davantage :
« Comment discuter avec lui de ce qu’il voit, de ce qu’il admire et de la manière dont il imagine son avenir ? »

Des ados addict à leur smartphone avec le texte "dopamine feed"

Pour aller plus loin

Quand un adolescent passe beaucoup de temps sur son smartphone, la conclusion arrive souvent très vite : il serait devenu “addict” aux réseaux sociaux.

Mais l’intensité d’usage ne correspond pas forcément à une addiction au sens clinique.

Les jeunes sont-ils vraiment addicts aux réseaux sociaux ?

Détournement d'une affiche "Better call Saul" en "Better call VBe404"

Erreur 404 : réponse introuvable

Les recommandations existent.
Les brochures sont claires.
Les conseils circulent.

Mais parfois, la situation ne rentre pas dans les cases.

Quand les réponses toutes faites ne suffisent plus…

Better call VBe404

Exemples d'ateliers et d'interventions

La fabrique des ajustements

(atelier parents–enfants)

Un atelier où parents et adolescents explorent ensemble la famille connectée.

À partir de situations ordinaires — smartphone, devoirs, passions en ligne, projets d’avenir — ils observent ce qui se négocie réellement au quotidien : règles implicites, attentes scolaires, place du téléphone dans la vie familiale.

Objectif : rendre visibles les ajustements familiaux, plutôt que réduire les tensions à une simple question de temps d’écran.

Intervenir en parentalité dans une société plateformisée

(intervention pour professionnels)

Comment accompagner les familles lorsque les tensions autour des écrans dépassent la simple question du temps d’utilisation ?

Cette intervention propose aux professionnels des repères pour analyser les situations familiales liées au numérique : circulation des modèles de réussite, passions adolescentes, négociations autour des règles et des projets d’avenir.

Objectif : aider les professionnels à accompagner les parents sans réduire les difficultés aux écrans eux-mêmes.