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Médiation numérique, conseil, formation

Le numérique ne simplifie rien.
Il complique tout.

Et c’est là que ça devient intéressant

Icône drone

Les enfants d’Imane font de l’unboxing

29 Mar 2026

Ils ouvrent la boîte…
mais c’est le jeu qui déborde.

Le drone observe

Vignette de la situation

Imane a vingt-huit ans.
Elle est technicienne de surface et mère de deux enfants de six et neuf ans.

Lors d’un café des parents à l’école, elle raconte une scène qui amuse les autres.

Ses fils regardent souvent des vidéos d’unboxing.

Puis ils reproduisent le jeu à la maison.

Le plus petit déballe un objet.
Le plus grand filme avec la tablette.

Ils commentent, rigolent et rejouent la scène.

Ils font ça pour jouer.
Pas pour diffuser les vidéos.
Ni pour devenir influenceurs.

Les recommandations (tâche prescrite) 

🧠 Repères (enfant)

📱Enfants et écrans (0–11 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Les règles ne disent pas toutes la même chose
  • Elles viennent de différents domaines (santé, éducation, droit)
  • Elles ne parlent pas des mêmes situations

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Il n’y a pas une seule règle pour tous
  • Les chiffres (1h, 2h…) ne suffisent pas
  • Le contexte est très important

👶 0 – 3 ans

  • Éviter les écrans
  • Priorité : parler, jouer, bouger

🧒 3 – 6 ans

  • Limiter le temps (environ 1h max)
  • Regarder avec un adulte
  • Pas d’écran avant de dormir

👦 6 – 9 ans

  • Le temps ne suffit plus
  • Penser au sommeil, sport, école
  • Mettre des règles claires

🧑 9 – 11 ans

  • Entrée dans Internet
  • Accompagner l’enfant
  • Parler des usages

⚠️ Important

  • Les enfants ont des droits en ligne
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Moins d’écran quand ils sont petits
  • Plus d’accompagnement en grandissant
  • Toujours garder l’équilibre (sommeil, jeu, relations)

🧠 Repères (adolescent)

📱 Adolescents et écrans (12–17 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Pas de règle simple comme “2h max”
  • Les écrans font partie de la vie sociale
  • Chaque adolescent est différent

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Le temps d’écran ne suffit pas
  • Tout dépend du contexte
  • Les écrans peuvent être utiles ou poser problème

🧑 12 – 14 ans

  • Les usages augmentent rapidement
  • Les règles doivent être claires et discutées
  • Parler des réseaux sociaux et des données personnelles
  • Faire attention au sommeil et à l’école

🧑‍🦱 14 – 17 ans

  • Plus d’autonomie dans les usages
  • Un usage intensif n’est pas toujours un problème
  • Attention si le jeune s’isole
  • Attention si le sommeil est perturbé
  • Attention si l’école devient difficile

🧠 Santé mentale

  • Les écrans ne sont pas la seule cause des difficultés
  • Ils peuvent aggraver un mal-être déjà présent

🌐 Internet et données

  • Les plateformes cherchent à capter l’attention
  • Les données personnelles sont utilisées
  • Les adolescents ont des droits en ligne

⚠️ Important

  • Les parents ne sont pas les seuls responsables
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Pas de règle unique pour tous
  • Observer les effets sur la vie quotidienne
  • Privilégier l’équilibre : sommeil, relations, école, activités

Lorsqu’on parle d’enfants et d’écrans, la discussion porte souvent sur le temps passé devant les vidéos ou les jeux.

Pourtant, les recherches montrent que les usages des écrans s’inscrivent dans des situations familiales concrètes : organisation du quotidien, représentations éducatives, fatigue ou contraintes matérielles.

Les écrans peuvent alors devenir des outils pratiques pour occuper les enfants, éviter des conflits ou permettre aux parents de gérer d’autres tâches.

Dans ce contexte, les recommandations ne se limitent pas à réduire le temps d’écran.
Elles insistent aussi sur la qualité des contenus et sur la manière dont les écrans s’intègrent dans les activités des enfants.

La situation réelle

La scène racontée par Imane montre un usage un peu différent de celui que l’on imagine souvent.

Les enfants ne se contentent pas de regarder les vidéos.
Ils les rejouent.

Ils manipulent les objets, inventent des commentaires, utilisent la tablette comme une caméra.

L’écran devient ici un élément d’un jeu plus large, qui combine imitation, mise en scène et interaction entre frères.

Ce type d’activité rappelle que les enfants ne sont pas seulement des spectateurs passifs. Ils s’approprient souvent les contenus qu’ils regardent pour les transformer en jeux, en histoires ou en activités partagées.

Ce que révèle l’écart entre prescrit et réel

La situation d’Imane illustre un décalage fréquent dans la manière dont les usages numériques des enfants sont interprétés.

Les débats publics imaginent souvent les écrans comme des dispositifs qui captent l’attention et immobilisent les enfants.

Dans la pratique, les usages sont souvent plus hybrides.

Les vidéos, les jeux ou les personnages deviennent des supports d’imitation, de discussion et de jeu symbolique.

Chez les plus jeunes enfants, ce qui compte n’est donc pas seulement la présence d’un écran, mais aussi la manière dont les contenus sont structurés et intégrés dans l’environnement de l’enfant. Certains programmes riches en narration et en langage favorisent davantage les interactions et les apprentissages que d’autres formats plus répétitifs ou purement sensoriels.

Autrement dit, l’écran ne remplace pas forcément le jeu.

Il peut aussi en devenir une matière première.

La question qui se pose alors n’est peut-être pas seulement :
« Combien de temps les enfants regardent-ils des vidéos ? »

Mais aussi :
« Qu’est-ce qu’ils en font ensuite ? »

Enfant tiré entre des personnages de dessins animés (type Dora et Teletubbies), illustration des différences de qualité des contenus pour le développement du langage chez les jeunes enfants

Pour aller plus loin

Tous les dessins animés ne se ressemblent pas.
Certains favorisent davantage le langage et les interactions que d’autres.

👉 Lire aussi : Qui est la meilleure baby-sitter : Dora l’exploratrice ou les Teletubbies ?

Illustration d’un robot spatial avec le message “erreur 404 pédagogie introuvable” et référence à une mission éducative VBe404

Erreur 404 : réponse introuvable

Au fin fond de l’Univers connecté,
à des années et des années-lumière des recommandations,

veille celui que les familles intersidérales appellent
quand elles ne parviennent plus à résoudre leurs problèmes,
quand il ne reste plus aucun espoir :

Le Capitaine VBe404 !

Exemples d'ateliers et d'interventions

Photoblabla sur lézécrans

(atelier tout public)

Le photoblabla, comme le jeu des enfants d’Imane, permet de prendre ce qui est regardé… et de le transformer.

À partir d’images autour des usages numériques, les participants racontent, rejouent, commentent leurs propres situations : vidéos, jeux, scènes familiales du quotidien.

On ne reste pas face aux écrans.
On les met en circulation.

Les échanges font apparaître les écarts entre les représentations des écrans et les pratiques réelles : imitation, jeux entre frères et sœurs, détournement des contenus, bricolages du quotidien.

Peu à peu, le regard se décale.

Intervenir en parentalité dans une société plateformisée

(intervention pour professionnels)

Comment accompagner les familles lorsque les usages numériques des enfants s’inscrivent dans un environnement dominé par les plateformes : vidéos en ligne, influenceurs, formats viraux ?

Cette intervention propose aux professionnels des repères pour analyser les pratiques familiales liées à ces environnements : circulation des modèles culturels, imitation, négociations autour des écrans.

Objectif : aider les professionnels à comprendre les usages réels des enfants, sans réduire ces situations à une simple question de temps d’écran.