ce n’est pas Snapchat qui les tient éveillées…
c’est les autres.
Vignette de la situation
Mélissa, Lina et Sarah ont quatorze et quinze ans.
Le soir, chacune est dans sa chambre.
Elles se donnent rendez-vous sur Snapchat.
Le défi est simple : ne pas dormir.
Elles s’envoient des messages, des vocaux, parfois des photos.
Elles vérifient régulièrement que les autres sont toujours connectées.
La nuit avance.
Le téléphone reste allumé.
Le lendemain matin, le réveil sonne.
Il y a cours comme d’habitude.
Les recommandations (tâche prescrite)
🧠 Repères (enfant)
📱Enfants et écrans (0–11 ans)
👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?
- Les règles ne disent pas toutes la même chose
- Elles viennent de différents domaines (santé, éducation, droit)
- Elles ne parlent pas des mêmes situations
👉 Ce qu’il faut retenir
- Il n’y a pas une seule règle pour tous
- Les chiffres (1h, 2h…) ne suffisent pas
- Le contexte est très important
👶 0 – 3 ans
- Éviter les écrans
- Priorité : parler, jouer, bouger
🧒 3 – 6 ans
- Limiter le temps (environ 1h max)
- Regarder avec un adulte
- Pas d’écran avant de dormir
👦 6 – 9 ans
- Le temps ne suffit plus
- Penser au sommeil, sport, école
- Mettre des règles claires
🧑 9 – 11 ans
- Entrée dans Internet
- Accompagner l’enfant
- Parler des usages
⚠️ Important
- Les enfants ont des droits en ligne
- Les plateformes ont aussi une responsabilité
✅ En résumé
- Moins d’écran quand ils sont petits
- Plus d’accompagnement en grandissant
- Toujours garder l’équilibre (sommeil, jeu, relations)
🧠 Repères (adolescent)
📱 Adolescents et écrans (12–17 ans)
👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?
- Pas de règle simple comme “2h max”
- Les écrans font partie de la vie sociale
- Chaque adolescent est différent
👉 Ce qu’il faut retenir
- Le temps d’écran ne suffit pas
- Tout dépend du contexte
- Les écrans peuvent être utiles ou poser problème
🧑 12 – 14 ans
- Les usages augmentent rapidement
- Les règles doivent être claires et discutées
- Parler des réseaux sociaux et des données personnelles
- Faire attention au sommeil et à l’école
🧑🦱 14 – 17 ans
- Plus d’autonomie dans les usages
- Un usage intensif n’est pas toujours un problème
- Attention si le jeune s’isole
- Attention si le sommeil est perturbé
- Attention si l’école devient difficile
🧠 Santé mentale
- Les écrans ne sont pas la seule cause des difficultés
- Ils peuvent aggraver un mal-être déjà présent
🌐 Internet et données
- Les plateformes cherchent à capter l’attention
- Les données personnelles sont utilisées
- Les adolescents ont des droits en ligne
⚠️ Important
- Les parents ne sont pas les seuls responsables
- Les plateformes ont aussi une responsabilité
✅ En résumé
- Pas de règle unique pour tous
- Observer les effets sur la vie quotidienne
- Privilégier l’équilibre : sommeil, relations, école, activités
Les inquiétudes autour des réseaux sociaux et des défis en ligne reviennent régulièrement dans les médias.
Pourtant, lorsqu’on examine les recherches disponibles, beaucoup de ces “défis dangereux” relèvent davantage de récits médiatiques amplifiés que de phénomènes massifs. Les enquêtes menées autour d’exemples très médiatisés comme le Blue Whale Challenge ou le Momo Challenge montrent qu’il s’agit souvent de légendes urbaines ou de paniques morales plutôt que de pratiques répandues chez les adolescents.
Les chercheurs soulignent que les défis existent bien, mais qu’ils sont le plus souvent ludiques, humoristiques ou symboliques. Les situations réellement dangereuses concernent une minorité d’adolescents déjà fragilisés.
Les recommandations éducatives invitent donc moins à surveiller des “défis secrets” qu’à comprendre les logiques sociales propres à l’adolescence : recherche de reconnaissance, jeux entre pairs, épreuves symboliques.
La situation réelle
Le défi des trois amies n’a rien d’un jeu viral spectaculaire.
Il ressemble plutôt à une veillée à distance.
Elles restent connectées, discutent, rient parfois, s’encouragent à tenir encore un peu.
Le téléphone devient un moyen de prolonger la présence des autres, malgré la distance des chambres et des maisons.
Ce type de pratique correspond aussi à un moment particulier de la vie : l’adolescence. À cette période, les relations entre pairs prennent une importance centrale, souvent au moment même où le rythme biologique rend l’endormissement plus tardif.
Les recherches sur le sommeil montrent en effet que le rythme circadien se décale naturellement à la puberté : la sécrétion de mélatonine commence plus tard, ce qui rend l’endormissement précoce plus difficile, indépendamment des écrans.
Les écrans ne créent pas ce décalage, mais ils peuvent prolonger l’éveil en maintenant les interactions sociales et l’attention.
Ce que révèle l’écart entre prescrit et réel
La scène de Mélissa, Lina et Sarah montre un décalage classique entre la manière dont les usages adolescents sont perçus et ce qu’ils sont réellement.
Le discours public imagine souvent les réseaux sociaux comme des machines à manipulation ou à défi dangereux.
Dans la pratique, ils servent très souvent à maintenir des liens entre amis : discuter tard, partager des moments, rester ensemble malgré la distance.
Le véritable enjeu n’est donc pas seulement la présence du téléphone dans la chambre.
Il concerne surtout le sommeil.
Chez les adolescents, la dette de sommeil est déjà fréquente à cause du décalage biologique et des horaires scolaires matinaux. Lorsque les interactions numériques prolongent la nuit, elles peuvent réduire encore le temps de repos.
Le problème n’est donc pas tant Snapchat lui-même.
C’est la nuit qui raccourcit.

Pour aller plus loin
Les nuits écourtées ne sont pas seulement liées aux écrans.
Chez les adolescents, le sommeil est aussi perturbé par un décalage biologique naturel et par des routines de coucher parfois désorganisées.
👉 Que sait-on des écrans et du sommeil ?
Erreur 404 : réponse introuvable
Dans la guerre contre les écrans
et les plateformes,
les dark patterns les plus redoutables
sont traqués
par les inspecteurs de la Section VBe404.
Voici Leur histoire…
Exemples d'ateliers et d'interventions
Analyser les risques numériques
(intervention pour professionnels)
Avant d’agir, encore faut-il comprendre ce qui se passe réellement.
À partir de situations concrètes, les participants utilisent la grille 4C pour distinguer panique morale, problème éducatif, risque numérique et danger réel. L’objectif est de qualifier la situation avant toute intervention, afin d’éviter les réponses réflexes.
Concevoir des interventions à partir des usages réels
(intervention pour professionnels)
Une fois la situation analysée, les participants conçoivent une action proportionnée à partir de cette analyse.
En petits groupes, ils élaborent une fiche intervention : objectif, public, format d’action et modalités d’évaluation. L’enjeu n’est pas de trouver un outil, mais de formuler une réponse adaptée à la situation.



