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Médiation numérique, conseil, formation

Le numérique ne simplifie rien.
Il complique tout.

Et c’est là que ça devient intéressant

Icône drone

Anne se demande si elle doit couper le Wi-Fi

28 Mar 2026

Elle a fermé la porte…
mais pas les liens.

Le drone observe

Vignette de la situation

Anne a quarante et un ans.
Elle est puéricultrice et mère d’une adolescente de dix-sept ans.

Sa fille vit de plus en plus derrière une porte fermée.
Elle refuse les sorties, les repas qui s’éternisent, les week-ends en famille.

En début d’année, elle parlait de harcèlement au lycée.
Ses notes s’étaient effondrées.

Aujourd’hui, elles remontent.

Ses soirées se passent connectées à des fans de K-pop du monde entier.
Elle apprend le coréen en ligne.
Elle parle souvent d’Asie et rêve d’y voyager une fois son diplôme d’infirmière en poche.

Anne se demande si tout cela est normal.
Et surtout si elle ne devrait pas simplement couper le Wi-Fi le soir.

Les recommandations (tâche prescrite)

 

🧠 Repères (enfant)

📱Enfants et écrans (0–11 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Les règles ne disent pas toutes la même chose
  • Elles viennent de différents domaines (santé, éducation, droit)
  • Elles ne parlent pas des mêmes situations

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Il n’y a pas une seule règle pour tous
  • Les chiffres (1h, 2h…) ne suffisent pas
  • Le contexte est très important

👶 0 – 3 ans

  • Éviter les écrans
  • Priorité : parler, jouer, bouger

🧒 3 – 6 ans

  • Limiter le temps (environ 1h max)
  • Regarder avec un adulte
  • Pas d’écran avant de dormir

👦 6 – 9 ans

  • Le temps ne suffit plus
  • Penser au sommeil, sport, école
  • Mettre des règles claires

🧑 9 – 11 ans

  • Entrée dans Internet
  • Accompagner l’enfant
  • Parler des usages

⚠️ Important

  • Les enfants ont des droits en ligne
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Moins d’écran quand ils sont petits
  • Plus d’accompagnement en grandissant
  • Toujours garder l’équilibre (sommeil, jeu, relations)

🧠 Repères (adolescent)

📱 Adolescents et écrans (12–17 ans)


👉 Comprendre les recommandations : pourquoi c’est compliqué ?

  • Pas de règle simple comme “2h max”
  • Les écrans font partie de la vie sociale
  • Chaque adolescent est différent

👉 Ce qu’il faut retenir

  • Le temps d’écran ne suffit pas
  • Tout dépend du contexte
  • Les écrans peuvent être utiles ou poser problème

🧑 12 – 14 ans

  • Les usages augmentent rapidement
  • Les règles doivent être claires et discutées
  • Parler des réseaux sociaux et des données personnelles
  • Faire attention au sommeil et à l’école

🧑‍🦱 14 – 17 ans

  • Plus d’autonomie dans les usages
  • Un usage intensif n’est pas toujours un problème
  • Attention si le jeune s’isole
  • Attention si le sommeil est perturbé
  • Attention si l’école devient difficile

🧠 Santé mentale

  • Les écrans ne sont pas la seule cause des difficultés
  • Ils peuvent aggraver un mal-être déjà présent

🌐 Internet et données

  • Les plateformes cherchent à capter l’attention
  • Les données personnelles sont utilisées
  • Les adolescents ont des droits en ligne

⚠️ Important

  • Les parents ne sont pas les seuls responsables
  • Les plateformes ont aussi une responsabilité

✅ En résumé

  • Pas de règle unique pour tous
  • Observer les effets sur la vie quotidienne
  • Privilégier l’équilibre : sommeil, relations, école, activités

À l’adolescence, les recommandations sur les écrans changent de nature.
La plupart des institutions ne proposent plus de durée maximale universelle, car le temps d’écran ne permet plus à lui seul de comprendre les usages.

Les repères se déplacent vers d’autres indicateurs :

  • la qualité du sommeil
  • la scolarité
  • les relations sociales
  • le bien-être psychologique

Les recommandations insistent aussi sur la nécessité de maintenir un dialogue avec l’adolescent et de fixer des règles discutées plutôt qu’imposées.

Dans cette perspective, une inquiétude parentale apparaît souvent lorsque l’adolescent passe beaucoup de temps dans sa chambre ou semble se retirer des interactions familiales.

La situation réelle

La situation d’Anne est plus ambiguë qu’elle ne paraît.

Sa fille s’est effectivement retirée d’une partie de la vie familiale.
Mais ce retrait ne signifie pas nécessairement un isolement social complet.

Elle participe à des communautés en ligne, échange avec d’autres passionnés de K-pop, apprend une langue étrangère et se projette dans un avenir professionnel.

Autrement dit, son univers relationnel s’est déplacé plutôt qu’il n’a disparu.

Les sociabilités numériques permettent souvent aux adolescents de maintenir des liens avec leurs pairs tout en prenant de la distance avec le regard familial et scolaire. Ces espaces offrent une possibilité d’exister socialement sans exposition directe, ce qui peut être particulièrement précieux lorsque l’adolescent traverse des difficultés dans ses environnements habituels.

Dans certains cas, ces espaces peuvent même constituer des ressources pour reconstruire une confiance abîmée par des expériences difficiles, comme le harcèlement scolaire.

Ce que révèle l’écart entre prescrit et réel

 La question que se pose Anne — couper le Wi-Fi — est compréhensible.
Elle correspond à une réaction fréquente face à un adolescent qui semble se retirer.

Mais ce type de réponse repose souvent sur une interprétation rapide : celle d’un adolescent enfermé dans les écrans.

Or les situations de retrait social chez les jeunes sont rarement réductibles à l’usage du numérique. Les recherches sur le phénomène de retrait prolongé, parfois désigné par le terme japonais hikikomori, montrent que ces situations sont liées à des contextes sociaux, scolaires et relationnels complexes.

Le numérique peut alors jouer plusieurs rôles très différents : refuge temporaire, espace de sociabilité alternative, outil d’apprentissage ou de projection dans l’avenir.

Couper le Wi-Fi ne résoudrait probablement pas la question centrale.
La question n’est peut-être pas : « Comment réduire sa connexion ? »

Elle pourrait être plutôt :
« Dans quels espaces ma fille trouve-t-elle aujourd’hui la possibilité d’exister, de se projeter et de reconstruire des liens ? »

Pour aller plus loin

Quand un adolescent passe beaucoup de temps en ligne, on pense souvent qu’il s’isole.

Mais ces espaces numériques peuvent aussi servir à maintenir des relations, apprendre et construire son autonomie.

Famille à table utilisant des écrans avec des messages insultants et violents en arrière-plan, illustration du cyberharcèlement et des interactions en ligne

Certains parents cherchent alors à protéger leurs enfants.

👉 Lire aussi : La haine en ligne est-elle vraiment nouvelle ?

un ado dit à sa manette de console qu'il a le droit de sortir maintenant. La manette lui répond ; vas-y !

D’autres s’interrogent plutôt sur la manière dont les adolescents deviennent autonomes dans ces espaces.

👉 Lire aussi : Comment les adolescents grandissent-ils avec le numérique ?

Voiture équipée de drones projetant le logo VBE404 dans le ciel au-dessus d’une ville

Erreur 404 : réponse introuvable

Quelque part, une situation numérique devient incompréhensible.

Un parent s’inquiète.
Un professionnel hésite.
Les recommandations ne suffisent plus.

Alors quelqu’un allume le signal.

VBe404.

Voici comment il intervient.

Exemples d'ateliers et d'interventions

Hélène et les cybertrucs

(atelier tout public)

Une collégienne prise dans un engrenage de captures, de partages et de moqueries.

À travers un récit en 12 images, l’atelier montre l’écart entre le prescrit (“protège-toi”) et le réel : vitesse des échanges, dynamique de groupe, sidération des victimes.

Une manière de comprendre les situations numériques sans panique morale, en distinguant les discours de prévention et les expériences vécues par les adolescents.

Les écrans et la science

(intervention pour professionnels)

Que disent réellement les recherches sur les écrans et les adolescents ?

Cette intervention propose un état des lieux des travaux scientifiques : sociabilités en ligne, autonomie, sommeil, attention et bien-être.

L’objectif est de donner aux professionnels des repères solides pour analyser les situations et dépasser les paniques morales souvent associées au numérique.